L’attention avait été attirée par la venue de Mark Carney, Premier ministre du Canada, au discours annuel sur l’état de l’Union prononcé mercredi 16 septembre par Mme Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, devant le Parlement européen (PE). Ainsi, dans le chaos du monde entretenu notamment par l’erratique président américain, allait-t-on trouver le début d’une cohérence rassurante entre le discours très remarqué de Carney au Forum de Davos en janvier, où il appelait à une alliance des « puissances moyennes », et les orientations stratégiques qu’allait présenter Ursula Von der Leyen au nom d’une Union certes composée de puissances moyennes lorsqu’on les considère séparément, mais qui par sa taille et ses atouts peut prétendre être un des grands de ce monde – à condition toutefois de s’en donner les moyens.
Ursula von der Leyen a proposé au Canada de devenir le premier membre associé de l’UE. C’est une innovation : un tel statut n’existe pas, et personne ne sait en quoi il consisterait exactement. Une adhésion formelle semble bien sûr exclue, mais même une forme intermédiaire d’association, comparable par exemple à celle de la Norvège, paraît compliquée : on ne voit pas le Canada chercher à éviter l’emprise américaine pour se soumettre à l’acquis communautaire et à la bureaucratie qu’il implique.
Il s’agit donc plus probablement d’un partenariat renforcé, qui vise à développer « au plus haut niveau possible » les nombreuses synergies existantes : économie, commerce, innovation, ressources stratégiques, échanges culturels….
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