La table ronde des dirigeants du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) favorise la coordination entre producteurs de gaz à Paris.
Alors que les producteurs africains de gaz font face à une demande intérieure croissante, à une concurrence mondiale accrue sur le marché du GNL et à une dynamique renouvelée en faveur des investissements, la table ronde des dirigeants du GECF, organisée dans le cadre du forum « Invest in African Energy 2027 », examinera comment une meilleure coordination peut soutenir le développement de projets, l’accès aux marchés et la monétisation du gaz à long terme.
L’industrie gazière africaine entame une période où la coopération entre les pays producteurs pourrait revêtir une importance croissante. La demande est en hausse, les marchés du GNL sont remodelés par des bouleversements géopolitiques et de nouvelles sources d’approvisionnement, tandis que d’importants projets gaziers à travers le continent continuent de se disputer les capitaux.
Dans ce contexte, la table ronde des dirigeants organisée par le GECF (Forum des pays exportateurs de gaz) lors du forum « Invest in African Energy » (IAE) 2027, à Paris, permettra d’intégrer les points de vue des pays producteurs de gaz à une réflexion centrée sur les priorités commerciales et stratégiques qui façonnent le secteur.
Cette session intervient alors que l’Afrique renforce son rôle sur les marchés mondiaux du GNL. Le GECF prévoit que les exportations de GNL en provenance du continent atteindront environ 110 milliards de mètres cubes (milliards de m³), soit 80 millions de tonnes par an (Mt/an), d’ici 2030, pour atteindre 215 milliards de m³, soit 160 Mt/an, à l’horizon 2050. Ces perspectives concernent plusieurs pays producteurs, notamment l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, la Guinée équatoriale, le Mozambique, la Mauritanie, le Sénégal et le Nigeria ; par ailleurs, les projections du GECF tablent sur une intensification des échanges de GNL avec l’Asie et au sein même des marchés africains.
Des évolutions récentes ont renforcé la valeur stratégique de cette base d’approvisionnement. Le projet de GNL en Tanzanie — un investissement de 42 milliards de dollars longtemps retardé — suscite un regain d’intérêt, les perturbations dans l’approvisionnement en gaz en provenance du Moyen-Orient ayant accru la valeur d’une diversification des sources de GNL. Parallèlement, ExxonMobil fait avancer les préparatifs du projet « Rovuma LNG » au Mozambique, après des années de retard.
Pour les producteurs africains, toutefois, l’augmentation des exportations ne constitue qu’une partie de l’équation. La demande intérieure en gaz progresse, alors même que les gouvernements cherchent à utiliser cette ressource pour améliorer l’approvisionnement en électricité, soutenir le développement industriel et générer de nouvelles sources de revenus. Il devient donc nécessaire de trouver un équilibre entre les projets destinés à l’exportation et la consommation intérieure, le développement des infrastructures de transport (gazoducs), le traitement du gaz et les projets de conversion du gaz en électricité.
Une meilleure coordination entre les pays producteurs pourrait contribuer à relever certains de ces défis. Le partage d’expériences en matière de cadres fiscaux, de développement de projets, d’infrastructures et d’accès aux marchés peut aider les gouvernements à attirer des investissements, tout en renforçant la pertinence des infrastructures gazières régionales et des échanges transfrontaliers.
Le marché mondial devient, par ailleurs, de plus en plus concurrentiel. Reuters a rapporté ce mois-ci que les investissements dans les infrastructures gazières et de GNL se multiplient dans plusieurs régions, l’Asie représentant la plus grande part des capacités d’importation de GNL projetées. Parallèlement, les perturbations de l’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient ont ravivé les préoccupations liées à la sécurité des approvisionnements et accru l’importance stratégique des producteurs alternatifs. Cette situation ouvre des perspectives aux producteurs de gaz africains ; toutefois, pour concrétiser ces opportunités, il faudra mobiliser des capitaux, développer des infrastructures et garantir des débouchés crédibles à long terme.
La table ronde des dirigeants organisée par le GECF dans le cadre de l’IAE 2027, qui se tiendra à Paris du 11 au 13 mai, offrira un cadre de haut niveau pour examiner ces enjeux, en réunissant les investisseurs et les développeurs de projets indispensables à leur concrétisation. L’événement, dans sa globalité, vise à créer des passerelles entre les marchés énergétiques africains et les capitaux mondiaux, en mettant l’accent sur des projets couvrant les secteurs du gaz, du GNL, des infrastructures et de l’énergie.
Pour les producteurs de gaz africains, l’enjeu consiste à déterminer comment exploiter efficacement leurs ressources, les relier aux marchés et les transformer en une source d’énergie fiable, moteur de croissance industrielle. La table ronde de Paris placera la coordination entre producteurs au cœur des discussions sur ces investissements.