Après la fermeture du détroit d’Ormuz, il avait annoncé la pire crise énergétique de l’histoire.
Huit mois plus tard, nous avons demandé au directeur de l’AIE de revenir sur son diagnostic. Des engrais à la course à l’IA, de la puissance électrique chinoise à la libération par l’Agence des réserves de pétrole, Fatih Birol dessine les contours du nouvel ordre énergétique mondial.
En mars, vous avez qualifié le choc énergétique provoqué par la guerre dans le Golfe de plus grave de l’histoire et vous avez prévenu qu’un été très sombre se profilait, y compris pour le transport aérien. Cela ne s’est pas entièrement produit. Aviez-vous raison trop tôt ?
J’avais dit qu’il s’agissait de la plus grande menace pour la sécurité énergétique de l’histoire. Ce qui s’est passé au cours des huit derniers mois, ainsi que les répercussions que nous continuons d’observer, le confirment. Je le regrette, car ce n’est en rien une bonne nouvelle, que ce soit pour notre sécurité énergétique, pour les économies ou pour la vie de plusieurs millions de personnes. C’est un choc considérable dont l’impact ne saurait se mesurer au seul prix du pétrole brut. Ce serait une vision trop étroite.
S’agissant du transport aérien en particulier, la crise a profondément perturbé le secteur et affecté les passagers. Les raisons en sont la fermeture des espaces aériens au Moyen-Orient, la hausse du prix du kérosène et les pénuries de carburant, notamment dans certaines régions d’Asie.
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